La pédagogie

pédagogie

La pédagogie

La pédagogie est au cœur même de notre métier. Mais elle ne s’enseigne que difficilement, car elle n’est pas une « recette » que l’on pourrait appliquer in extenso à tous les élèves. Elle est une approche, aussi personnalisée que possible, de l’action éducative, liée à la transmission de savoirs, de savoir-être et de savoir-faire.

Je ne vais pas m’étendre trop longuement sur ce sujet car il sera au cœur de ton année de stage et de ta formation à l’ESPE. Je m’en tiendrai donc à un bref panorama.

Il faut bien différencier la didactique de la pédagogie : La didactique porte sur les méthodes ou les pratiques d’enseignement tandis que la pédagogie porte sur l’éducation ou l’action éducative. « La didactique se différencie de la pédagogie par le rôle central des contenus disciplinaires et par sa dimension épistémologique (la nature des connaissances à enseigner). S’il est adjectif, le mot « didactique » réfère à : Ce qui est instructif, explicatif, pédagogique (ouvrage didactique, poème didactique) » (source APPAC).

Pour le dire très simplement, la didactique s’intéresse à ce que j’enseigne, et comment je l’enseigne : choix des connaissances et des compétences enseignées, choix de leur agencement, au sein d’une séquence d’enseignement et au sein d’une progression annuelle. La pédagogie se fiche de la matière que j’enseigne et de l’élaboration savante de transitions entre deux heures de cours. Elle s’intéresse à la relation entre l’élève et l’enseignant, entre l’enseignant et le groupe classe, entre le savoir de l’enseignant et celui qu’il transmet.

C’est la pédagogie qui permet d’instaurer un climat favorable aux apprentissages, et c’est encore elle qui préside à l’épanouissement des qualités et compétences de l’élève. Si l’on voulait filer une métaphore, l’on dirait que, pour faire une mayonnaise, il ne suffit pas de mettre la juste dose des bons ingrédients dans le bon ordre (didactique), mais aussi de savoir comment mélanger le tout pour donner une sauce onctueuse (pédagogie).

Il y a toutes sortes de pédagogies, c’est-à-dire de méthodes pédagogiques. Pour ne citer que les plus célèbres, évoquons la pédagogie de projet initiée par Freinet, la pédagogie active de Piaget, la pédagogie de l’autonomie si chère à Montessori, ou encore la pédagogie du dialogue, que l’on retrouve chez Socrate, Diderot et, plus récemment, Paul Ricoeur.

Actuellement, il n’y a pas à proprement parler de doxa pédagogique, mais une tendance assez nette au mix de trois méthodes pédagogiques assez anciennes : la pédagogie active (l’apprenant est acteur de ses apprentissages), la pédagogie de projet (avoir une réalisation concrète en ligne d’horizon) et la pédagogie de groupe (entraide, émulation et tutorat).

Concrètement, une séance devrait donc inclure, si l’on s’en tient aux préconisations des inspecteurs, à :

  • Une activité en autonomie et une autre en groupe
  • Une découverte de l’objet d’apprentissage par l’élève et une activité réflexive sur cet objet
  • Le tout dans la perspective d’un projet (qui couvre la séquence).

Le grand ennemi à abattre dans le secondaire, et ce depuis longtemps maintenant, est le cours magistral. Le temps où le prof dispensait son savoir en discourant et où les élèves prenaient sagement des notes, puis étudiaient chez eux, est révolu. Maintenant c’est en classe que l’on construit les connaissances et les compétences.

Même le « cours dialogué », qui consiste à poser des questions orientées pour amener les élèves à chercher des réponses éclairantes, et donc à construire leur raisonnement et leurs connaissances, est proscrit. Désormais, il faut amener l’élève à identifier tout seul l’intérêt de l’objet d’apprentissage, puis à lui fournir les moyens d’élaborer – en groupe le plus souvent – une connaissance raisonnée sur ce même objet (la leçon). Autrement dit, le prof n’est plus le détenteur d’un savoir qu’il transmettrait, mais le pourvoyeur d’un savoir qu’il permet d’élaborer. Il est un facilitateur, un animateur d’activités pédagogiques, un guide, et non le représentant d’une doxa figée.

Pour ce faire, il a recours à :

  • La mise en perspective (le projet)
  • La mutualisation des compétences et des connaissances (le travail de groupe)
  • La recherche active (temps d’activité, jalonné de petites étapes)
  • La synthèse (collective), qui permet de laisser une trace écrite sur les connaissances à retenir.

Ne t’affole pas, jeune padawan. Sur le papier ça peut avoir l’air compliqué, mais dans la réalité c’est (relativement) simple. Voici un exemple concret qui te permettra de visualiser la chose :

Tu fais une séquence sur, disons, l’information. Ton projet, c’est de réaliser un média scolaire, ou plus simplement une revue de presse façon JT, ou encore un reportage à l’occasion d’un concours organisé par le CLEMI (Centre pour l’éducation aux médias et à l’information). Toutes tes séances vont donc servir à la réalisation de ce magnifique projet.

Pour chacune de tes séances, tu vas sélectionner et fournir des supports (textes, vidéos, podcasts, etc). Tu fournis un questionnaire, un guide d’activités, à tes élèves que tu réunis en petits groupes (3 ou 4). Après avoir présenté, explicité l’activité et son objectif, tu les laisses en autonomie et tu n’interviens que pour veiller au bon déroulement du travail et répondre aux questions. C’est la phase 2.

En phase 3, tu orchestres le bilan : chaque groupe présente le résultat de son travail. Il peut y avoir comparaisons, confrontations, compléments, questions des autres groupes : l’idéal est que tu puisses t’effacer presque complètement pour que les élèves s’emparent de la notion, de la problématique, et en discutent entre eux de manière constructive. Tu notes au tableau (ou en vidéo-projection) les éléments les plus importants qui ressortent.

En phase 4, tu peux demander aux élèves de rédiger, individuellement ou en groupe, une synthèse de ce qui a été dit, pour répondre à la question de départ (la problématique de la séance). Les élèves réfléchissent alors à ce qu’ils viennent d’apprendre et se l’approprient plus consciemment. Ce qu’ils écrivent n’est alors qu’une ébauche de ce qui va suivre, un « écrit de travail », et non une leçon.

En phase 5, il s’agit de se mettre d’accord sur la trace écrite, la synthèse de ce qui a été appris. Tu supervises, tu arbitres, tu suggères, tu reformules. Malgré les apparences, tu restes maître du jeu et au final ils ne doivent pas avoir écrit n’importe quoi sur leur cahier ! A toi de faire en sorte que les notions du programme soient clairement consignées. Mais l’idée, c’est que ces notions ne « tombent pas du ciel », ne viennent pas de Ton Savoir, mais d’une construction réflexive de la part des élèves.

Tu peux bien évidemment faire noter, au cours de l’une ou l’autre de ces phases, une ou plusieurs définitions, et intervenir pour expliciter de manière approfondie la ou les notion(s) abordée(s). Ton rôle ne se borne pas à limiter les conflits (tu peux d’ailleurs désigner un élève dans chaque groupe pour ce faire) qui ne manqueront pas d’intervenir au sein des groupes (mais non c’est pas ça !) ni à distribuer les documents. Mais il faut comprendre que cette pédagogie active a pour but de rendre les élèves moins passifs, beaucoup plus impliqués dans leurs apprentissages, et que pour ce faire ils ne peuvent seulement t’écouter et copier ce que tu leur dictes.

Le fait est que ça marche. Et plus particulièrement pour les élèves en difficulté, même si certains d’entre eux demeurent très passifs et attendent que les autres fassent tout le boulot à leur place. Cependant, dans l’ensemble (et à condition que tes groupes soient choisis de manière judicieuse), les interactions entre pairs et l’autonomie sont un bon vecteur d’implication, et donc de réussite. Les élèves aiment travailler ainsi.

Toutefois, toutes les notions ne se prêtent pas aussi facilement les unes que les autres à ce type de pédagogie, et parfois il te faudra emprunter d’autres chemins pour mener tes élèves à la maitrise des compétences du Socle.

La différenciation (proposer des activités, supports et évaluations adaptées à chaque élève, en fonction de ses acquis et de ses capacités) est également au cœur de la pédagogie. Je t’invite donc à consulter cette rubrique.

De même, la pratique de la classe inversée (tu dispenses ton cours dans une capsule vidéo que consultent les élèves chez eux, et tu les entraînes sur la notion en classe) est une pratique pédagogique innovante que tu peux tenter. http://www.classeinversee.com/

Lors de l’année de stage, en ESPE (Ecole supérieure du professorat et de l’éducation), l’accent est fortement mis sur la pédagogie, c’est pourquoi je ne vais pas m’étendre outre mesure sur cet aspect. Il existe par ailleurs pléthore d’ouvrages sur le sujet, dont voici quelques exemples :

  • Les pédagogies de l’apprentissage, de Marguerite Altet, PUF, 2013.

« Différentes pédagogies de l’apprentissage élaborées par plusieurs pédagogues sont analysées et présentées dans ce manuel, avec des extraits significatifs de leurs écrits. On mesure ainsi l’évolution de la fonction enseignante ainsi que celle des finalités éducatives, d’une transmission-instruction au développement des « savoir-faire et savoir-apprendre » la fonction transmission des enseignants est devenue une fonction de médiation dans différentes formes d’apprentissage. »

  • Anthologie des textes clés en pédagogie : Des idées pour enseigner, de Danielle Alexandre, ESF éditeur, 2017.

« Puisant parmi les auteurs les plus réputés en pédagogie, cet ouvrage propose des extraits de leurs travaux pour constituer une anthologie de textes de référence sélectionnés dans les ouvrages publiés chez ESF Editeur. Perrenoud, Meirieu, De Peretti, De Vecchi, Houssaye, Develay, Hameline et bien d’autres ont marqué l’histoire de la pédagogie ces quatre dernières décennies. Réunir des textes fondateurs mais aussi faire découvrir ou redécouvrir des textes moins connus, certains très récemment publiés, faire entendre d’autres auteurs, tel est le parti pris de cet ouvrage dont la nouvelle édition est une version entièrement revue, enrichie et en prise avec les problématiques actuelles. Ainsi, étudiants et débutants pourront entrer dans cet univers foisonnant qu’il faut absolument connaître pour réussir les examens et les concours. Cette anthologie s’adresse également aux enseignants désireux de se former et fournit à chacun un florilège de textes pour nourrir la réflexion. Les extraits sélectionnés sont classés par mots-clés et éclairés systématiquement par les commentaires de Danielle Alexandre. Elle replace les textes fondateurs dans leur contexte historique, précise des concepts, restitue les débats ambiants et souligne la pertinence, l’importance de ces travaux et leur actualité. Le lecteur trouvera des fondamentaux : comment les élèves apprennent-ils ? Evaluer, pourquoi et comment ? Qu’est-ce que la pédagogie différenciée ? Mais aussi des problématiques actuelles : le numérique bouleverse-t-il les modes d’apprentissage ? Comment exercer une autorité réfléchie dans le contexte d’aujourd’hui ? Intérêt et limites de l’approche par compétences… Les entrées multiples de cette anthologie permettront à chacun de revenir aux sources. »

 

  • Les méthodes qui font réussir les élèves, de Danielle Alexandre, ESF éditeur, 2017.

« Professeurs débutants placés, sans formation suffisante, face à une classe, candidats aux concours d’enseignants et étudiants d’ESPE désorientés dans le foisonnement de la littérature pédagogique, tous se sentent démunis et aimeraient disposer d’une synthèse claire capable de vraiment les aider. Par ailleurs, les formateurs souhaiteraient avoir en main un outil cohérent et à jour pour soutenir leur action. L’auteur expose ici dans un style simple et direct les principales méthodes et options pédagogiques, qu’il s’agisse des précurseurs ou des recherches les plus récentes en sciences de l’éducation. Les sources théoriques sont présentées avec précision et toujours mises en relation avec les situations concrètes d’apprentissage et les problématiques de l’enseignement aujourd’hui. Un système d’index et de corrélats permet de trouver facilement les thèmes et références recherchées. Pour les uns et les autres, cet ouvrage sera une aide pour prendre de la hauteur tout autant que pour gérer le travail dans la classe au quotidien. Cette quatrième édition est actualisée avec la nouvelle version du socle commun en vigueur depuis la rentrée 2016 et les nouveaux programmes. »

 

  • Pédagogie différenciée : des intentions à l’action, de Philippe Perrenoud, ESF éditeur, 2016.

« Les pédagogies différenciées ne tournent pas le dos au projet de l’école qui reste de donner à tous une culture de base commune. Sans renoncer à diversifier tout ce qui peut l’être, leur enjeu est ailleurs : faire en sorte que tous les élèves aient un réel accès à cette culture, se l’approprient vraiment. Tenir compte des différences, c’est alors placer chacun dans des situations d’apprentissage optimales pour lui, c’est aller vers l’éducation sur mesure dont rêvait Claparède au début du siècle. Les pédagogies différenciées s’attaquent à ce défi. Si l’intention principale demeure stable, les façons de poser le problème se renouvellent : à l’enseignement individualisé, isolant l’élève face à des tâches papier-crayon, on cherche à substituer une différenciation à l’intérieur de situations didactiques complexes et ouvertes, confrontant chacun à ce qui fait obstacle, pour lui, à la construction des savoirs. On travaille sur le transfert et les compétences. On interroge la relation pédagogique, les fonctionnements de groupe, la distance culturelle, le sens des savoirs et du travail scolaire. Parallèlement, on construit des dispositifs d’individualisation des parcours de formation, on fait éclater les limites de la classe, on organise le suivi des progressions sur plusieurs années, on crée des cycles d’apprentissage, on invente une nouvelle organisation pédagogique. Ce livre tente de faire le point sur l’état des principaux chantiers de la pédagogie différenciée. Chacun est confronté au même dilemme : comment tenir compte des différences sans enfermer chacun dans sa singularité, son niveau, sa culture d’origine ? »

 

  • .. oui, mais comment? de Philippe Meirieu, ESF éditeur, 2017.

« Chacun s’accorde aujourd’hui à reconnaître que la vocation de l’Ecole est bien de faciliter les apprentissages. Mais pour être établi, le consensus n’en est pas moins insuffisant s’il n’est pas accompagné de l’énoncé des moyens. Apprendre… oui, mais comment ? Avec le présent ouvrage, Philippe Meirieu poursuit et approfondit la-réflexion entreprise dans L’Ecole, mode d’emploi, mais il s’attache, plus particulièrement, à l’acte d’apprentissage… Il en débusque les représentations trompeuses, dénonce les illusions qui traînent à son sujet et tente d’établir quelques repères à partir desquels l’enseignant puisse élaborer, réguler et évaluer son action. C’est ainsi qu’il aborde aussi bien la relation pédagogique, la rationalisation didactique et les stratégies individuelles d’apprentissage. Il montre comment l’attention à ces trois dimensions permet de maintenir  » l’équilibre écologique du système apprendre « . Mais l’originalité de ce livre tient aussi à sa forme : le lecteur s’y trouve mis en situation d’activité, confronté à des exercices, des récits d’expériences pédagogiques ou d’événements de la vie scolaire. A partir de là, l’auteur dégage avec lui quelques principes fondamentaux et propose toute une série d’outils qui pourront être utilisés par les instituteurs, professeurs, formateurs : des outils pour imaginer, construire et adapter une pédagogie véritablement différenciée, des outils pour pratiquer l’aide méthodologique, des outils pour travailler à la réussite de tous. Un livre qui dépasse le clivage théorie-pratique et qui est vite devenu une référence pour tous les  » professionnels de l’apprentissage  »

 

  • Les méthodes en pédagogie, de Marc Bru, PUF, 2015.

« Au-delà des débats et controverses que les modalités de l’’enseignement – trop souvent réduites à l’’opposition traditionnel/non traditionnel – ne manquent pas de susciter, comment discerner les lignes directrices qui structurent l’ensemble foisonnant des méthodes en pédagogie ? Dans cet ouvrage, les acquis de l’’expérience des pédagogues, les apports des autres disciplines des sciences humaines et sociales, la diversité des systèmes de classification des méthodes, les réalisations inventives des acteurs de l’éducation sont examinées à la fois comme contributions à la conception méthodologique pour l’’action éducative et comme contributions à la pensée critique en pédagogie. Est également présentée une synthèse des travaux consacrés à l’’évaluation des méthodes pédagogiques et – question sensible – à l’’appréciation de leur efficacité. »

 

  • Construire des situations pour apprendre : Vers une pédagogie de l’étayage, de Laurent Lescourarch, ESF sciences humaines, 2018.

« Eduquer comme instruire supposent, tout à la fois, une part de « nourrissage », comme disaient les Anciens, et une part de « lâcher prise » qui permet au sujet de « penser par lui-même », selon le voeu des Lumières. Depuis bien longtemps, les pédagogues se sont préoccupés de cette difficile articulation. En s’emparant de la métaphore de l' »étayage » empruntée au marin et au bâtisseur et déjà largement utilisée par les psychologues, Laurent Lescouarch nous offre une « entrée en pédagogie » particulièrement pertinente et féconde. Car il s’agit bien, pour lui, de s’interroger sur les pratiques pédagogiques qui « étayent » vraiment un sujet, c’est-à-dire qui lui permettent d’apprendre et de devenir autonome. En s’attachant plus particulièrement aux « publics qui résistent », il en tire des leçons pour tous. Plutôt que de rajouter sans cesse des prothèses nouvelles, il propose de s’interroger sur ce qui, à un moment donné, va vraiment contribuer à l’étayage d’une personne ou d’un groupe. Il se ressaisit ainsi des notions de « besoins », d' »aide », d' »accompagnement » de « dispositif » ou de « différenciation » pour proposer une conception globale de « l’étayage et du désatayage pédagogique » en termes d’écosystème. D’où son insistance sur le cadre (son caractère structurant et sa richesse), les rituels, les appuis au développement, les interactions de tutelle (avec le maître et entre pairs). D’où sa réflexion sur les consignes, les niveaux de tâches proposés, la place de l’explicitation, les sanctions, l’évaluation, la stimulation de la réflexivité et le processus de subjectivation. Ce faisant, Laurent Lescouarch donne matière à penser et à agir concrètement à tous les enseignants. Riche d’exemples, son livre nous montre comment tout éducateur doit devenir un constructeur d’architectures pédagogiques et un pourvoyeur de richesses culturelles qui permettront à l’élève de « s’instituer », c’est-à-dire de « tenir debout » par lui-même ». Philippe Meirieu

 

  • Pédagogie de l’activité : pour une nouvelle classe inversée : Théorie et pratique du « travail d’apprendre, de Alain Taurisson, 2015, ESF éditeur. « Les expériences de « classe inversée » apparaissent aujourd’hui prometteuses. Alors que, dans les « classes traditionnelles », on « fait cours» à l’Ecole avant d’envoyer les élèves «travailler» chez eux, dans les «classes inversées», le professeur propose aux élèves de prendre connaissance d’un exposé enregistré ou d’une séquence illustrée puis les accueille en classe pour répondre à leurs questions et les accompagner dans la réalisation d’exercices ou de projets… On comprend que ce modèle pédagogique soit particulièrement attractif : à l’ère du numérique, au moment où tant de ressources documentaires sont disponibles, le professeur voit ainsi son rôle renouvelé et peut se consacrer pleinement à l’appropriation des connaissances. Mais il ne faut pas, pour autant, basculer dans la naïveté spontanéiste. Prendre connaissance d’une information ou regarder une vidéo pour en tirer quelques enseignements ne vont pas de soi et le risque existe que beaucoup d’élèves n’en profitent guère. De même, interroger le professeur pour mieux comprendre un phénomène, faire un exercice de manière autonome ou travailler en petits groupes pour résoudre un problème ne sont pas des comportements faciles à mettre en oeuvre. Etre intellectuellement actif, s’engager dans un travail et le mener à bien ne se décrète pas, cela se forme. Et, précisément, l’ouvrage d’Alain Taurisson et de Claire Herviou nous montre comment faire. Prenant appui sur des travaux scientifiques éprouvés et des expérimentations solides, présentant les références théoriques nécessaires et donnant de très nombreux exemples d’outils utilisables, les auteurs fondent une véritable « pédagogie de l’activité », garantissant pleinement l’engagement de chaque élève tant dans la prise d’information que dans l’assimilation et le réinvestissement des connaissances. Ils font ainsi de la « classe inversée » une véritable « pédagogie alternative ». Au service de la réussite de toutes et tous. Et pour retrouver le bonheur d’enseigner… »
Suivez-nous et partagez pour les collègues !
0

1 Trackback / Pingback

  1. La didactique - Le B-A BA du prof du secondaire

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*