La didactique

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La didactique

La didactique n’est pas la pédagogie, elle ne concerne pas l’organisation des activités d’apprentissage, mais l’agencement et le choix des objectifs et des supports dédiés à l’apprentissage. Etroitement liée aux programmes, la didactique regroupe toutes les interrogations sur les spécificités du savoir à enseigner.

Pour le dire simplement, la didactique consiste à choisir les supports adéquats, à organiser aussi bien les séquences que les séances qui les composent de manière logique, selon une progression réfléchie et justifiée. C’est un exercice que l’on retrouve dans les différents concours (Capes, agrégation, Capet), c’est pourquoi, selon toute vraisemblance, tu es au fait de ce en quoi ça consiste.

Là encore, tu vas en apprendre énormément sur la didactique à l’ESPE (si ce n’est déjà fait lors de ton éventuel master MEEF – métiers de l’éducation et de la formation), je ne m’étendrai donc pas.

La didactique est tout aussi importante que la pédagogie. Les deux sont liées, bien évidemment, mais remplissent des fonctions différentes. Quand tu endosses ton rôle de pédagogue, tu es un peu comme le chef d’orchestre, ou comme le guide de haute montagne. Quand tu es dans ton rôle de didacticien, tu es plutôt compositeur ou cartographe. La pédagogie se pratique pendant le cours, la didactique s’élabore en amont.

Imaginons que tu as pour objectif de faire assimiler à tes élèves une notion du programme telle que « Fonction croissante, fonction décroissante ; maximum, minimum d’une fonction sur un intervalle » (extrait du programme de mathématique en seconde). Tu ne peux pas te contenter de leur dire de but en blanc tout ce que tu sais sur la question. Il te faut organiser une séquence didactique autour de ces notions (ou une séance, dans le cadre d’une séquence plus générale qui aurait pour titre « Etude qualitative des fonctions »). Il va donc te falloir déterminer :

  • Le moment de l’année le plus propice pour étudier cette notion, selon ce que tu auras vu avant et ce que tu comptes leur faire étudier après, dans une logique progressive.
  • Le moment de la séquence le plus approprié pour aborder cette notion (agencement des séances).
  • Les éléments théoriques à transmettre, adaptés au niveau de ta classe.
  • Les exercices à présenter, adaptés au niveau de ta classe.
  • Les situations-problème à mettre en œuvre pour que tes élèves s’approprient les compétences nécessaires pour assimiler cette notion.

La façon dont tu vas organiser tout cela, les choix que tu vas faire, sont le fondement de ta didactique. Elaborer une séquence didactique, « c’est penser un scénario de formation pour atteindre un objectif identifié dans une progression et un référentiel » (académie de Nancy).

Peut-être que tu penses que cette partie là est bien négligeable par rapport à la gestion de classe et la pédagogie que tu souhaites mettre en œuvre. Hélas, mon devoir est de te détromper : la didactique, c’est méga over important. Pourquoi ? Parce que l’organisation que tu vas définir en amont, lors de l’élaboration de ta progression annuelle, va déterminer énormément de choses, parmi lesquelles :

  • L’ambiance de classe (si ta progression est bonne, les élèves suivront et s’impliqueront)
  • La réussite de tes élèves (une progression chaotique sèmera le chaos dans leur esprit, ils se démobiliseront et passeront leur temps à te le faire payer)

Tu l’auras compris, de bonnes compétences en didactique t’assureront un environnement de travail constructif, des soirées sans Xanax et une certaine fierté devant les progrès accomplis par tes élèves.

Pour construire de bonnes séquences didactiques, tu peux compter sur tes formateurs de l’ESPE qui passeront beaucoup de temps à t’enseigner cet art délicat. Tu peux aussi te fonder sur ta logique : on va du plus simple au plus compliqué au général, et on se base sur ce qui a été vu auparavant pour construire les apprentissages qui suivent.

Les programmes sont un outil précieux pour élaborer de bonnes séquences didactiques. Tu sais que tu dois les respecter au maximum, mais il t’appartient de les aborder de manière personnelle. C’est à toi de définir ce que tu vas aborder en septembre, puis en octobre, puis en novembre, et ainsi de suite. Tes choix seront judicieux si tu prends en compte cette maxime ancestrale : « pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? ». Lorgne donc du côté des manuels scolaires, qui présentent des séquences toutes faites : cela te donnera une idée assez précise de ce qu’on attend de toi. Au début, quand tu es encore tout tremblant devant l’immensité des choix qui s’imposent, tu peux suivre le manuel pas à pas. Par la suite, tu prendras de plus en plus de liberté, estimant que tel document est plus approprié ou plus intéressant, que telle activité mérite d’être réaménagée, que tel document ne présente aucun intérêt, que tel questionnaire doit être reformulé, etc.

Tu peux aussi compter sur l’expérience de tes collègues : n’hésite pas à demander leur progression annuelle, leurs descriptifs de séquences, leurs contenus de séances, aux collègues de ta matière. Dans la majorité des cas, ils seront flattés (le prof étant un animal en perpétuelle quête de reconnaissance, qu’il n’obtient d’ailleurs quasiment jamais).

Enfin appuie-toi sur les ressources en ligne, pour te rassurer et te guider. Voici quelques liens qui peuvent t’aider :

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