L’avancement, les promotions

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Quand on travaille dans une entreprise, il y a des possibilités de promotion, d’avancement, de progression. A l’éducation nationale aussi. A condition de passer et de réussir des concours, ou de se montrer brillantissime.

Si un jour tu n’en peux plus d’être prof, tu as des possibilités d’évolution dans ta carrière. Tu peux devenir chef d’établissement (en passant par la case adjoint pendant quelques années) ou inspecteur-trice. Pour cela il te faudra passer des concours, difficiles par définition. Et faire partie des meilleurs, puisque c’est un concours.

La plupart des chefs d’établissement sont d’anciens profs qui ont un jour décidé de gagner plus et d’assumer des fonctions différentes tout en restant dans le milieu scolaire (secondaire). Mais il faut savoir que c’est un métier contraignant, difficile, où l’on ne compte pas ses heures et qui demande un grand sens de la diplomatie et du leadership. Pour ce qui est des inspecteurs, leurs missions sont en train d’être profondément modifiées depuis l’avènement du PPCR (protocole Parcours professionnels, carrières et rémunérations) donc il est difficile d’ergoter sur ce métier. La rémunération reste attractive (3500 € nets mensuels en moyenne), tout comme pour les chefs d’établissement (4000 € nets pour les hommes, contre 3400 € pour les femmes, en moyenne. Source : salairemoyen.com)

Tu peux aussi changer de corps. Si tu es contractuel, tu peux passer le CAPES ou l’Agrégation externe, ou les concours réservés. Si tu es certifié-e depuis 5 ans, tu peux passer l’agrégation interne. A la clef, une substantielle augmentation de ton salaire (environ 500 €) et un volume horaire moindre : 15 h hebdomadaires de cours au lieu de 18h. Les agrégés enseignent en général en lycée, tandis que les certifiés exercent en collège le plus souvent, mais ce n’est pas une règle absolue. A noter que le corps « bi-admissible », qu’on pouvait obtenir après deux réussites successives aux écrits de l’Agrégation, a disparu.

Il existe plusieurs « corps » pour les enseignants du secondaire, qui tous ont des spécificités. A ce jour, il en existe 4 : certifié, agrégé, PLP (professeur de lycée professionnel) et PEPS (professeur d’éducation physique et sportive). Les obligations de service, les salaires, les primes sont différents pour chacun de ces corps.

Chaque corps est composé de plusieurs grades. Les grades sont eux-mêmes subdivisés en échelons gravis par l’agent en fonction de son ancienneté. À chaque échelon son niveau de rémunération.

L’accès au grade supérieur passe par la réussite à une sélection, fondée sur l’ancienneté et, dans une certaine mesure, le mérite. Il existe actuellement trois grades pour les certifiés et les agrégés : classe normale (qui comprend 11 échelons), hors-classe (qui comprend 6 échelons) et la classe exceptionnelle, toute neuve (dont on ne sait si elle va être maintenue par l’actuel gouvernement).

Désormais, une carrière normale se déroule de la classe normale à la hors classe et peut se terminer en classe exceptionnelle. La durée des échelons est fixe et connue, et le rythme d’avancement est unique (alors que jusqu’en 2017 il en allait tout autrement). 

En dehors des indemnités spécifiques (Indemnité de suivi et d’orientation ou indemnité de sujétion pour les profs d’EPS et de lycée pro, par exemple), il est donc prévu qu’un enseignant débute sa carrière à 2067 € et la termine à 3700 €, quel que soit son investissement et/ou son talent de pédagogue.  

Outre les concours internes, la voie traditionnelle pour l’avancement demeure donc le rendez-vous de carrière, nouveauté de l’année 2017 et qui met un terme aux séculaires inspections qu’ont connues des générations de profs. Il a été reporté dans son application pleine et entière, le doute subsiste donc encore. En dehors de la visite nécessaire à la titularisation, trois autres rendez-vous de carrière sont prévus sur l’ensemble de ta carrière.

« Le rendez-vous de carrière est un temps dédié pour porter un regard sur une période de vie professionnelle (en moyenne tous les 7 ans), à des moments où il semble pertinent de faire le point sur le chemin parcouru professionnellement. Il s’agit d’un temps d’échange sur les compétences acquises et sur les perspectives d’évolution professionnelle.

À l’issue des deux premiers rendez-vous de carrière (des 6e et 8e échelons), les agent.e.s peuvent bénéficier d’un gain d’un an sur la durée de l’échelon.

Le troisième rendez-vous de carrière sert également à déterminer le moment plus ou moins précoce de passage à la hors-classe. » (source : education.gouv.fr)

Concrètement, voici comment ça se passe (en principe) :

  • On reçoit un mail en fin d’année, nous prévenant qu’on sera inspecté l’année suivante.
  • Un mois avant l’inspection, l’inspecteur envoie un mail (sur I-prof) pour proposer une date, qu’il serait de mauvais aloi de refuser, sauf obligation majeure (sortie scolaire prévue de longue date par exemple).
  • Le jour J, l’inspecteur s’installe au fond de ta classe et tu fais ton cours du mieux possible. Tu peux lui fournir des documents visant à montrer ta progression annuelle, la progression de ta séquence, le synopsis des projets que tu as organisés ou autre, mais ce n’est pas obligatoire. Il y a également un document spécifique à remplir, à télécharger sur internet.
  • Après la visite, tu as droit à un entretien avec l’inspecteur (ou -trice), durant lequel il va te poser moult questions (sur la séance à laquelle il a assisté comme sur beaucoup d’autres choses), auxquelles tu répondras honnêtement et brillamment.
  • Par la suite (dans un délai maximum de 6 semaines), il y aura un nouvel entretien en présence de l’inspecteur ET de ton chef d’établissement (car celui-ci est partie prenante dans ton évaluation).
  • L’inspecteur et le chef d’établissement rédigeront chacun une appréciation de 10 lignes (pas une de plus !). Ils rempliront également une grille de compétences te concernant (voir ci-après).
  • Pour terminer, l’autorité académique signalera sa propre appréciation grâce aux comptes-rendus précédents.

Tu vas être évalué sur 11 critères, que voici :

  • Maitriser les savoir disciplinaires et leur didactique
  • Utiliser un langage clair et adapté et intégrer dans son activité la maitrise de la langue écrite et orale par les élèves.
  • Construire, mettre en œuvre et animer des situations d’enseignement et d’apprentissage prenant en compte la diversité des élèves.
  • Organiser et assurer un mode de fonctionnement du groupe favorisant l’apprentissage et la socialisation des élèves.
  • Evaluer les progrès et les acquisitions des élèves.
  • Coopérer au sein d’une équipe.
  • Contribuer à l’action de la communauté éducative et coopérer avec les parents d’élèves et les partenaires de l’établissement.
  • Installer et maintenir un climat propice aux apprentissages.
  • Agir en éducateur responsable et selon des principes éthiques.
  • Accompagner les élèves dans leur parcours de formation.
  • S’engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel.

Pour chacun de ces critères une croix sera mise dans la case A consolider ou Satisfaisant ou Très satisfaisant ou Excellent. Certains items relèvent des compétences du seul inspecteur, d’autres du chef d’établissement, certains des deux. Il semblerait qu’un prof qui fasse très bien son boulot puisse au mieux récolter un « très satisfaisant » dans tout ou partie des critères ci-dessus . Pour obtenir un « excellent », il semblerait qu’il faille assurer des missions de formation (des collègues du département ou de l’académie), être chargé de mission ou autres tâches honorables adjacentes à l’enseignement basique.

Je reviens quelques minutes sur les critères d’évaluation afin de les éclairer de ma lanterne sémantique (tant qu’à être prof de français et ancienne dans la maison, autant t’en faire profiter).

  • Maitriser les savoir disciplinaires et leur didactique = transmettre correctement les connaissances et compétences exigées, en fonction du programme de chaque niveau.
  • Utiliser un langage clair et adapté et intégrer dans son activité la maitrise de la langue écrite et orale par les élèves = s’exprimer en tenant compte du niveau des élèves et sans jargon, rectifier les erreurs de syntaxes et grossièretés pendant ton cours, te préoccuper de l’orthographe et de l’expression sur les copies.
  • Construire, mettre en œuvre et animer des situations d’enseignement et d’apprentissage prenant en compte la diversité des élèves = différencier.
  • Organiser et assurer un mode de fonctionnement du groupe favorisant l’apprentissage et la socialisation des élèves = faire travailler les élèves en groupe.
  • Evaluer les progrès et les acquisitions des élèves = ne pas se contenter d’une évaluation par trimestre.
  • Coopérer au sein d’une équipe = participer à divers projets pédagogiques.
  • Contribuer à l’action de la communauté éducative et coopérer avec les parents d’élèves et les partenaires de l’établissement = participer à au moins une instance (CA, Conseil école-collège, CESC ou autre), accepter les demandes de RDV des parents, convoquer les parents quand un élève a des soucis scolaires dans ta matière, venir aux conseils de classe, etc.
  • Installer et maintenir un climat propice aux apprentissages = ne pas être trop sévère ni trop laxiste.
  • Agir en éducateur responsable et selon des principes éthiques = être ponctuel, assidu et ne pas insulter tes élèves ni les humilier.
  • Accompagner les élèves dans leur parcours de formation = assurer l’orientation efficace des élèves de la classe dont tu es prof principal.
  • S’engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel = demander une formation au PAF au moins tous les deux ans, assister aux formations obligatoires, être au courant des dernières tendances pédagogiques et au fait des principaux textes officiels.

Pour t’aider à préparer ton rendez-vous, un document est disponible qui balaye les différents champs d’évaluation. Tu peux le compléter et le remettre à l’inspecteur et/ou au chef d’établissement, ou pas. http://cache.media.education.gouv.fr/file/09_-_septembre/21/0/2017_document_aide_carriere_enseignants_V2_804210.pdf

Le guide complet du rendez-vous de carrière se trouve disponible sur le net à l’adresse suivante : http://cache.media.education.gouv.fr/file/09_-_septembre/55/2/2017_guide_RV_carriere_enseignants_education_psyEN_V3_804552.pdf

En l’état actuel des choses, il semblerait que des rendez-vous de carrière réussis te permettent de gagner deux années par rapport aux collègues moins « performants », et d’accéder à la hors classe un peu plus rapidement. Mais il est clair que cela ne révolutionnera ni ta carrière, ni ta fiche de paie. Cela peut cependant te valoir d’être choisi pour assurer des missions de formation.

Dans les textes, il est stipulé que :

Pour terminer, il existe une dernière façon d’obtenir une promotion : les listes d’aptitude.

Celles-ci sont soumises à condition (d’âge, d’ancienneté, de diplômes) ; mais cela te permet d’espérer de changer de corps sans passer par un concours interne. Les listes d’aptitude concernent tous les corps : certifié, agrégé, personnel de direction, inspecteur. Dès lors que tu es éligible, tu es informé via ton interface I-prof, sur la page « Les services ». Je te recommande donc de la consulter plusieurs fois par an (idéalement, une fois par mois).

Tu dois compléter du mieux possible ton CV (toujours dans l’interface I-prof) et rédiger une lettre de motivation, qui va justifier de l’intérêt pour ton ministère de te faire changer de corps. Ton inspecteur et ton chef d’établissement rédigeront, si tu candidates, une appréciation, qui va de « défavorable » à « très favorable ». Tu auras accès à ces informations (et tu peux si tu le souhaites en discuter avec les intéressés).

A savoir : ce n’est pas parce que tu es éligible que tu vas être promu. Par exemple, pour être promu au corps des agrégés alors que l’on est certifié il faut :

  • Avoir en moyenne 55 ans
  • Avoir l’avis très favorable de ton inspecteur ET de ton chef d’établissement (qui suit en général l’avis de l’inspecteur)
  • Avoir été bi-admissible à l’Agrégation
  • Avoir assuré des fonctions de formation (en tant que tuteur ou maitre-formateur).

Ce n’est dit nulle part, mais j’ai mené mon enquête et je te livre son résultat.

Dans tous les cas, plus tu auras fait de choses supplémentaires par rapport à tes missions de base, plus tu auras de chances d’être promu sur cette liste d’aptitude. Pour y avoir accès, je te conseille donc de passer le CAFFA, qui te permettra d’assurer des missions de formations : ce sont elles qui sont déterminantes dans l’obtention d’un nouveau corps. Quand je parle de « choses supplémentaires », il faut entendre « hors de l’établissement ». Ton investissement au sein de ce dernier ne comptera pas pour les listes d’aptitude. En revanche, gérer une association d’aide aux non francophones, participer à la rédaction de manuels scolaires, être chargé de mission sur l’académie (quelle que soit la spécialité), piloter plusieurs projets d’envergure départementale, publier des ouvrages liés au système scolaire, bref « rayonner » (c’est le terme usité) en dehors de ton établissement, te permettront d’avoir quelque chance d’espérer être promu de cette façon.

Pour l’obtention du corps des chefs d’établissement (sans passer par le concours) il est bien évident que le fait d’avoir assuré une ou des missions d’adjoints par intérim aidera grandement. Tu peux regarder la liste des postes vacants ici : http://www.snpden.net/?q=postes_vacants&type=adjoint&academie=0#

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