Les préparations : conseils et liens utiles

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Nous ne sommes pas tous égaux en matière de préparations de nos cours. Certains mettent un soin maniaque à préparer à la virgule près tout ce qu’ils vont dire. D’autres se contentent du strict minimum, avec un plan assez vague de leur progression de séquence. Entre les deux, la majorité des enseignants savent assez précisément de quoi retourne chaque séance sans pour autant avoir écrit la totalité de leurs interventions.

Les longues préparations quand on débute

préparationsSouvent, au début, on n’est pas sûr de soi et on prépare donc dans les moindres détails : de l’introduction à la conclusion en passant par la trace écrite et la correction des exercices, tout est consigné, avec les couleurs idoines. Au fur et à mesure que l’on acquiert de l’expérience, on se détend et on se rend compte qu’il n’est pas utile de noter les explications que l’on va donner, ni les réponses aux consignes. A force de répéter les mêmes choses, on se prend même à être capable d’improviser. Et à la fin, on improvise presque tout le temps, sachant qu’on a déjà répondu 100.000 fois aux mêmes questions, expliqué les notions de 100.000 façons différentes, et rencontré 100.000 fois le même type d’exercices. Autrement dit, on est tellement expert que la pédagogie et le contenu de notre discipline n’ont plus aucun secret pour nous. Mais ça, c’est vraiment à la fin, quand on a balayé tout le champ des possibles et des contenus. Bien évidemment, cette fin arrive plus tôt pour certains que pour d’autres, et là, soit on s’installe dans une routine confortable mais quelque peu sclérosante, soit on change de voie (voir rubrique « reconversion »), soit on explore d’autres horizons pédagogiques (avec les TICE par exemple).

Il n’y a pas UNE méthode éprouvée pour faire ses préparations, chacun ayant des besoins différents. Pour les uns, il va s’agir de recueillir un maximum d’informations sur les notions étudiées pendant la séquence, pour d’autres l’accent sera mis sur la pédagogie. Négliger l’un au profit de l’autre est toujours dangereux (sauf culture hors norme) car enseigner, c’est non seulement transmettre un savoir aussi complet que possible, mais aussi savoir le transmettre. La didactique a donc toute sa place dans les préparations, de même que la pédagogie.

Exemple de préparation didactique

Prenons un exemple concret. En français, je dois faire une séquence sur le fantastique en 4e (c’est le programme). Dans un premier temps, je choisis les textes que je vais aborder, vais choisir une œuvre de lecture cursive en adéquation, tout cela adapté au niveau général de la classe (Théophile Gautier n’est pas à la portée de toutes les classes de 4e…). Ensuite je dois voir quelles sont les notions de grammaire qui pourraient – toujours en accord avec le programme – s’insérer intelligemment dans ce contexte. Idem pour l’oral, la « lecture d’images » (fixes ou mobiles), l’orthographe, etc. Toutes les notions du programme doivent être abordées dans des séquences qui mêlent un peu tout sans se répéter, mais de façon cohérente, voire intelligente. Dans l’idéal, une séance en amène logiquement une autre, une séquence en appelle une autre. C’est donc un puzzle géant à reconstituer, et d’autant plus géant que notre liberté pédagogique nous permet de choisir librement nos supports de cours. Ce qui veut dire que je ne peux pas faire étudier à mes élèves la subordonnée circonstancielle s’ils n’ont pas (re)vu auparavant la phrase complexe, par exemple. On va toujours du plus facile au plus difficile. Mais il faut donc que les textes que je choisis soit en adéquation avec ces notions de grammaire, puisque je vais devoir m’en servir comme support premier. Et idem pour les activités d’oral ou d’analyse de l’image…

Simplifier les préparations avec les manuels (au début)

Fort heureusement, il existe quelque chose de formidable qui déblaie bien notre chemin de pèlerins du savoir : les manuels. Ils offrent des progressions de séquence et même des progressions annuelles cohérentes. Au début, ils sont plus qu’utiles dans les préparations. Si l’on n’est pas inventif ou sûr de soi, on peut se contenter de les suivre pas à pas. Il y a même des « livres du professeur » édités pour ceux qui craindraient de se tromper ! Ces derniers sont payants, mais évitent aux professeurs débutants bien des angoisses. Tu les trouveras sur le site de l’éditeur du manuel choisi par l’équipe de ta discipline.

Au fur et à mesure que l’on gagne en assurance et en compétences, on s’affranchit peu à peu des manuels pour égayer nos cours de ressources qui nous sont chères. Tel auteur fétiche, telle vidéo appréciée, tel document bien conçu, trouvent naturellement leur place dans nos progressions.

Parce qu’un prof, c’est quelqu’un qui en toutes circonstances pense à ses élèves. Il entend une chanson et il se dit « tiens, ça parle de ceci, ça pourrait coller avec telle notion ». Il visite une expo et il se surprend à penser que tel artiste devrait vraiment figurer au programme ; alors il étudiera au moins une de ses œuvres en la faisant coïncider avec le fameux programme. Il tombe sur une vidéo qui explique vraiment bien la tectonique des plaques ou la gravitation et hop, il la télécharge pour l’insérer au moins en partie dans une prochaine séquence. Tout ce qui touche à sa discipline est constamment pensé au travers du prisme de la transmission. C’est pourquoi l’on peut dire, d’une certaine manière, qu’un prof ne cesse jamais totalement de travailler.

Une heure de préparation pour une heure de cours… en moyenne



Même s’il est difficile de quantifier le travail de préparation puisqu’il est au moins en partie informel (cf paragraphe précédent), il est d’usage de considérer qu’une heure de cours nécessite en moyenne une heure de préparation. Une moyenne qui va des deux heures du débutant au quart d’heure de l’aspirant retraité. Mais ceci aussi n’est que partiellement vrai : au fil des réformes, la charge de préparation peut doubler, voire tripler, d’une année sur l’autre. Ainsi, en 2016, avec la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem, les presque retraités ont dû mettre un coup de collier considérable puisque tous les programmes ont changé pour tous les niveaux en une seule fois, avec des notions parfois jamais étudiées. Les profs de physique, par exemple, ont dû pour la première fois de leur carrière créer des cours en 6e, selon un programme qui leur était complètement inconnu. Et les profs de techno se retrouvent désormais à devoir concevoir et des sujets d’examens (Brevet) alors que cela ne leur était encore jamais arrivé.

Cependant, pour aider les enseignants dans leur dur labeur, il existe une quantité impressionnante d’aides diverses dans le domaine de la préparation, à commencer par le site Eduscol. Celui-ci répertorie des ressources variées, rappelle les programmes disciplinaires, donne des pistes interdisciplinaires ainsi que des idées de projets pédagogiques : une vraie mine d’or institutionnelle.

Internet regorge par ailleurs de sites et de blogs d’enseignants qui mettent à disposition de leurs collègues des séances, outils, supports, évaluations et autres sésames. Il suffit d’une recherche bien ciblée dans google et de quelques minutes pour trouver son bonheur et passer (un peu) moins de temps en préparations, moyennant souvent abonnement à une liste de diffusion.

En voici quelques-uns :

Il existe également des revues spécialisées, comme la très célèbre NRP (Nouvelle revue pédagogique, pour les profs de Lettres) ou les non moins célèbres Cahiers pédagogiques, foisonnement de réflexions et de dossiers pour toutes les matières et tous les questionnements.

On peut citer également :

  • TDC, Textes et Documents pour la Classe (dossiers pluridisciplinaires sur un thème donné) , qui existe en deux versions (primaire et secondaire)
  • La revue « Contextes et Didactiques » est une revue semestrielle en sciences de l’éducation et en ligne. Elle publie des articles qui rendent compte de recherches empiriques, de pratiques innovantes, de dispositifs didactiques, de revues de littérature et de réflexions théoriques liés aux interactions entre les contextes (historique, géographique, écologique, sociologique, linguistique, didactique, culturel notamment), l’éducation, la formation et l’apprentissage. La consultation et le téléchargement des numéros précédents et des articles sont gratuits et s’effectuent en ligne sur le site de la revue.

 

  • TVLangues, la revue audiovisuelle des langues et des cultures.

Une revue trimestrielle pour travailler la compréhension orale à partir de documents audiovisuels authentiques, tout en favorisant l’expression orale au collège et au lycée/post bac. TVLangues est déclinée en 4 langues : anglais, allemand, espagnol et italien.

Sur les TICE et les sciences de l’information :
– Les Dossiers de l’ingénierie éducative : http://www.cndp.fr/DossiersIE/

Pour les professeurs de Lettres, il existe de nombreux sites pour aider dans les préparations de cours :

– La Nouvelle Revue Pédagogique (séquences et réflexions sur des oeuvres et thèmes précis), qui existe en deux versions (collège et lycée)
L’Ecole des Lettres (séquences et réflexions sur des oeuvres et des thèmes précis).
– Le français aujourd’hui (réflexions théoriques sur la discipline des Lettres et ses objets) : http://www.revues.armand-colin.com/lettres-langue/francais-aujourdhui

– Recherches (articles écrits par des professeurs de français pour des professeurs de français) : http://revue.recherches.free.fr/

– Lire au collège et Lire au lycée professionnel

La revue de Sciences humaines et sociales « Le débat » aborde souvent des questions en lien avec l’enseignement (français, histoire, ECJS)
http://www.le-debat.gallimard.fr/

Tu en trouveras bien d’autres sur le réseau Canopé et dans les CRDP (Centres régionaux de documentation pédagogique).

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