Les appréciations (sur les copies, les bulletins…)

appréciations

Un dernier point concernant l’évaluation : les remarques et appréciations portées sur la copie. Celles-ci ont pour objectif de guider l’élève dans ses progrès, de lui indiquer ce qui est à modifier, à faire ou à éviter. Il est d’usage d’annoter la copie au fur et à mesure, puis d’indiquer une appréciation générale sur la première page (en 6e, les élèves ne savent pas présenter une copie, il faut donc leur demander instamment de suivre la présentation que tu préconises).

Un certain nombre de profs n’annotent plus les copies et ne rédigent pas d’appréciations générales, au motif que les élèves ne s’en servent pas, les lisent mais les oublient aussitôt. Ce n’est pas tout à fait faux, surtout en collège… mais pas complètement vrai non plus : quelques élèves sérieux se penchent sérieusement sur cette prose et en tirent parti. Tout dépend du genre d’élèves que tu as.

Pour ceux qui sont en difficulté ou qui ne s’investissent pas dans leur scolarité (ce sont souvent les mêmes, mais pas toujours), des appréciations telle que « N’apprend pas ses leçons » ou « ensemble vide » ne servent à rien. De plus, pour rester dans la bienveillance, il convient de partir du principe que l’élève a tout de même tenté un minimum de faire au mieux. La formulation a donc son importance. Tu préféreras donc « Il faut étudier de manière plus approfondie/plus régulière/plus méthodiquement » ou toute autre formule qui laisse entendre que c’est la manière d’apprendre qui est à changer, et non la bonne volonté de l’élève. Parfois, il n’y a aucun doute possible sur la « bonne » volonté de l’élève ni sur son investissement. Dans ce cas, et si les parents t’ont confirmé cette hypothèse (car on a quelquefois des surprises de taille !), tu peux te permettre d’être plus rêche dans ta formulation. Mais le bon vieux principe qui dit dans le doute abstiens-toi est ici à prendre en considération. Il arrive même aux plus aguerris de se tromper totalement sur le profil d’un élève, de le croire fainéant alors qu’il passe trois heures chaque soir sur ses leçons (qu’il ne parvient pas à retenir). Je ne dis pas que c’est le cas le plus courant, loin s’en faut, mais ça arrive.

Dans tous les cas les appréciations doivent servir à donner des conseils pour progresser, et non à juger. Il ne faut pas perdre de vue que ton boulot c’est de faire progresser les élèves, pas de les juger.

Voici donc une petite liste de quelques appréciations qui peuvent être utiles, sur les copies puis sur les bulletins, qui te donnera une idée de ce qui est pratiqué actuellement :

  • Sur les copies
  • Bon travail dans l’ensemble. La réflexion est intéressante mais les connaissances sont à consolider.
  • Ensemble correct mais il est nécessaire d’approfondir l’apprentissage des leçons.
  • Les connaissances sont insuffisantes et la méthode n’est pas bien maitrisée. Il faut être plus attentif en cours et étudier plus régulièrement.
  • Quelques réponses pertinentes mais trop de lacunes : le cours est à revoir sérieusement.
  • Ensemble très satisfaisant, bravo ! Poursuivez ainsi.
  • Travail bâclé, il est nécessaire de s’investir sérieusement pour progresser.
  • La méthode est bien maitrisée, la réflexion est correcte, mais il vous faut améliorer l’expression, trop confuse.

 

  • Sur les bulletins
  • Trimestre très satisfaisant. Machin a fait des progrès importants grâce à un investissement de qualité et des efforts réguliers. Je l’encourage à poursuivre ainsi.
  • Ensemble correct, mais bien des compétences ne sont pas encore maitrisées. Il convient d’intensifier les efforts au prochain trimestre, notamment en XXXX (à compléter).
  • Ensemble convenable, qui pourrait être meilleur si l’attention en classe et la rigueur dans le travail personnel étaient au rendez-vous. J’attends mieux au prochain trimestre.
  • Machin rencontre des difficultés importantes et ses lacunes l’empêchent de progresser. Il doit participer davantage et fournir des efforts de travail personnel conséquents pour atteindre les objectifs de la XXX (compléter).
  • Les résultats sont remarquables, de même que l’attitude en classe. Félicitations !
  • Des progrès intéressants ce trimestre, une bonne volonté indéniable et des efforts louables. Poursuivez sur cette voie en intensifiant vos efforts en xxx (à compléter).

Tu l’auras compris, dans tous les cas, l’idée est a) d’établir un constat b) de souligner ce qui va bien (quand c’est possible) et c) de donner des conseils aussi précis que possible pour aider l’élève à progresser. Le temps des « Peut mieux faire », « Fait la plante verte », « Aucun travail » n’est plus.

J’ajouterai pour conclure un mot sur ce que j’appelle « l’effet miroir ». Une copie, un bulletin, sont le miroir que l’on tend à un élève sur son travail. Sans tomber dans la démagogie, on se doute de l’effet que peut avoir un « miroir plein de laideur » sur celui auquel on le tend. Il ne s’agit pas de nier le manque de travail ou d’investissement, mais d’introduire autant que faire se peut quelque chose d’encourageant, de positif. Chez les élèves en difficulté, il est avéré que cela a un impact. Un gamin qui ne reçoit sur ses copies que des jugements sévères n’a plus envie d’essayer de faire des efforts. N’oublions pas qu’avant d’être des élèves, ce sont des êtres humains, avec un égo. Or toute personne qui se sent attaquée opte pour l’une des trois options suivantes : l’attaque (insolence, provocation), la fuite (désinvestissement total), ou la sidération (ne comprend plus rien).

Chez les élèves en difficulté, dont l’égo est déjà bien mis à mal (quoi qu’ils puissent claironner) par de piètres résultats, ces réactions classiques vont être exacerbées. C’est pourquoi les encourager est assez souvent suivi d’effets, pour peu que ce soit régulier. Combien d’élèves en totale perdition ai-je ainsi vu remonter la pente, laborieusement, lentement, mais avec constance, grâce à de simples « Tu as progressé depuis le dernier devoir, c’est bien, continue ainsi ! », ou encore « Ce n’est pas encore parfait mais c’est prometteur, poursuis tes efforts ! ». Même si le progrès est infime, même si le devoir vaut 02/20, même si la copie est juste un tout petit peu plus lisible, c’est à encourager. Car c’est de nos encouragements et de notre foi en leurs capacités que les élèves tirent, le plus souvent, la force de fournir quelques efforts. Bien sûr, parfois, cela ne suffit pas, la problématique de l’élève étant trop lourde, trop douloureuse, pour être endiguée par de simples encouragements. Et il y a des rechutes, fréquentes. Mais là n’est pas l’essentiel. A partir du moment où un élève parti d’un point A en début d’année arrive à un point B (et ce même si beaucoup d’autres ont décliné tout l’alphabet), c’est qu’on n’a pas servi à rien. Or les encouragements écrits et oraux entrent largement en ligne de compte dans la motivation de nos élèves. Encore une fois, cela n’a rien de miraculeux (encore que, pour certains, c’est tout bonnement spectaculaire !). Mais disons que c’est un bon point de départ pour instaurer une relation de confiance, sans laquelle nulle relation pédagogique n’est possible, et donc nul progrès n’est à espérer.

Prêter une attention particulière aux appréciations écrites est donc une manière de communiquer avec l’élève assez constructive.

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