Internet et les TICE, l’école numérique

TICE et numérique

Internet et les TICE, l’école numérique

En 2018, on ne peut plus envisager d’enseigner sans les TICE : Technologies de l’Information et de la Communication pour l‘Enseignement. « Elles recouvrent les outils et produits numériques pouvant être utilisés dans le cadre de l’éducation et de l’enseignement (TICE = TIC + Enseignement). Les TICE regroupent un ensemble d’outils conçus et utilisés pour produire, traiter, entreposer, échanger, classer, retrouver et lire des documents numériques à des fins d’enseignement et d’apprentissage (source Wikipédia). Aujourd’hui ce sigle est remplacé par l’école numérique. 

Comme on l’a vu plus haut (chapitre matériel pédagogique), tous les établissements ne sont pas uniformément dotés en matériel numérique. Certains disposent de tablettes pour chaque élève, d’autres en sont encore à quatre bécanes qui rament sur du Windows 7. Le tableau numérique n’est pas installé dans toutes les salles de classe, loin s’en faut. De l’équipement de ton établissement dépendront donc tes possibilités d’utiliser les TICE.

On ne peut nier que la technologie numérique s’avère un formidable adjuvant pour animer un cours (quand ça fonctionne). Les élèves adorent tout ce qui est écran ; partant de là ils préfèrent toujours une leçon agrémentée de bidules numériques qu’un cours à l’ancienne, c’est-à-dire avec seulement un stylo et un cahier. Et depuis quelques années les inspecteurs nous invitent assez fortement à ne plus nous contenter des « cours à la papa », fondés sur notre seul savoir. Le numérique encourage les pédagogies actives (voir rubrique « La pédagogie ») et c’est dans l’air du temps, donc tu devras t’y coller tôt ou tard, même si tu n’as rien d’un geek.

Les possibilités sont quasiment infinies. Sans qu’il soit possible de toutes les lister, en voici quelques-unes glanées ça et là, qui te donneront une idée :

  • En éducation musicale, tu peux demander à tes élèves de créer un morceau sur incredibox, puis de partager leurs compositions sur un padlet que tu associeras au site de ton établissement. Voici une liste des différents logiciels utilisables avec les élèves dans cette discipline : http://www.informatique-enseignant.com/jouer-de-la-musique-en-ligne/
  • En maths, tu peux créer un EPI ou un TPE (avec un collègue de techno par exemple) visant à réaliser un devis pour une maison avec un terrain, en faisant découvrir aux élèves le logiciel scratch. Tu peux aussi les faire travailler directement sur des sites en ligne (sur leur tablette ou en salle informatique), comme mathenpoche, ou apprendre-en-ligne.net
  • En arts plastiques, le montage vidéo est devenu un grand classique, de même que l’initiation aux retouches photo numériques et autres montages créatifs. Plus de ressources sur cette page.
  • En français, l’offre est si pléthorique que l’on s’y perd. Du doublage de scènes de films (à écrire puis à dire) aux exercices d’orthographe en ligne, en passant par les expositions virtuelles (site de la BNF par exemple) ou l’échange épistolaire par mails, sans oublier le cours de grammaire interactif grâce au tableau numérique, ou la méthodologie de la dissertation via com, ou encore l’écriture longue grâce à unlivreapart.fr, ce ne sont pas les possibilités qui manquent. Des ressources numériques pour le collège ici et pour collège et lycée ici.
  • En histoire-géographie, même topo. Jeux didactiques avec Flash (cartes interactives), enseignement de la première guerre mondiale à partir d’une bande dessinée interactive, voyage dans le temps en 39/45 à travers des photos superposables sur le site du Washington Post… Plus de ressources ici.
  • En physique-chimie, mettre en place une classe inversée (les élèves étudient le cours à la maison, via une vidéo, hébergée sur un blog académique par exemple, et font les manipulations en cours) ou utiliser Algodoo (logiciel de virtualisation d’expériences de physique (mécanique / optique) qui permet de créer son propre monde en 2D à l’aide de différents outils disponibles) constituent un usage ludique et didactique du numérique en classe.

Il existe tellement d’applications et de sites à but expressément pédagogique ou dont on peut faire un usage détourné qu’il est impossible d’en donner une liste exhaustive. Cependant, « La loi du 8 juillet 2013 pour la refondation de l’École de la République a instauré un service public du numérique éducatif qui a pour mission d’organiser une offre de productions pédagogiques numériques à destination de l’ensemble de la communauté éducative.

Dans ce cadre, le portail Éduthèque fournit à tous les enseignants et leurs élèves une structuration de milliers de ressources numériques pédagogiques de ses partenaires, grands établissements culturels et scientifiques. ». Suis ce lien ! Tu peux aussi consulter avec profit ce site : http://numeriques.spip.ac-rouen.fr/ qui te permettra de faire une recherche par discipline, ressource ou encore outil, ou celui-ci : http://ww2.ac-poitiers.fr/ia79-pedagogie/spip.php?rubrique20

Et une jolie boîte à ouTICE à découvrir ici. Sur kiosque-edu.com tu trouveras aussi des ressources, mais payantes.

Quant aux réseaux sociaux, ils ne sont pas bannis des établissements en général. Si, dans quelques bahuts, le réseau interne interdit tout accès à Youtube ou Twitter (y compris pour les enseignants, donc) pour éviter que les élèves n’y passent tout leur temps, l’utilisation pédagogique de ces réseaux est tolérée, voire encouragée, dans de nombreux cas. La décision revient au chef d’établissement (qui bloque l’accès ou pas). On peut alors, via le/la documentaliste par exemple qui gère les différents comptes, écrire des Tw’haïkus (courtes poésies d’origine japonaise) en français, faire un compte-rendu de stage ou de TPE sur la page Facebook de l’établissement, poster un reportage effectué dans le cadre de l’EMI (éducation aux médias et à l’information) sur Youtube, ou y insérer des booktrailers réalisés par les élèves, etc.

Pour tout savoir sur l’utilisation des réseaux sociaux en classe, le portail Canopé met à disposition quelques éléments sur cette page.

Tout cela est bel et beau mais il faut savoir que, dans nos collèges et lycées, la fracture numérique n’est pas un vain mot. Dans les campagnes ou dans les milieux très précaires, l’accès des élèves à internet n’est pas garanti (faute de matériel ou de moyens financiers). Oui, on peut encore vivre en France en 2018 sans avoir à disposition un ordinateur ou une tablette, même si on a moins de 80 ans. Partir du postulat que l’élève pourra sans problème visionner des documents en ligne chez lui n’est donc pas une bonne idée. Et puis, nul n’est à l’abri d’une panne ! Certes, des postes sont en libre accès dans les CDI et les médiathèques, mais les élèves ne peuvent pas toujours s’y rendre dans les délais impartis. Il convient donc de ne pas abuser des ressources en ligne pour tout ce qui est travail personnel, à moins de s’être assuré que chaque élève a un accès aisé à internet.

De plus, cette fracture numérique s’exerce aussi en termes de compétences. Entre un gamin habitué à surfer sur la toile, à écrire des mails à ses grands-parents et à discuter sur WhatsApp dès son plus jeune âge, et un autre pour lequel le clavier demeure un objet étrange, il y a un gouffre. Et ce gouffre, on le rencontre tous les jours dans nos classes. Lors d’une séance en salle informatique ou sur tablettes, on peut donc être surpris par la lenteur de certains élèves, qui ne maitrisent ni le traitement de texte, ni la réalisation d’un diaporama, ni même les rudiments de la navigation numérique. Il faut alors les guider patiemment. Heureusement, tous ont déjà eu affaire à un ordinateur en primaire (et en technologie au collège), l’objet ne leur est donc pas inconnu. Mais, comme pour tant d’autres choses, le milieu familial joue grandement dans la maitrise de ces compétences qui nous semblent maintenant aller de soi.

En outre, dans l’école comme ailleurs, l’informatique a pris une place prépondérante dans la gestion générale. Ainsi, l’appel se fait en ligne, le cahier de texte se remplit en ligne (via Pronote très souvent) et c’est en ligne aussi qu’on communique avec les parents pour les infos générales (via le site de l’établissement ou une application dédiée, comme Argos ou Pronote). Les bulletins et le livret scolaire sont remplis eux aussi sur des logiciels spécifiques, accessibles depuis n’importe quel ordinateur.

Enfin, ta carrière est elle-même gérée de manière informatique via la plateforme Iprof, qui est un peu comme ton assistant de carrière : tu peux y compléter ton CV, y inscrire tes diplômes, y mentionner tes activités extra-scolaires (bénévolat par exemple), tes compétences particulières, les formations suivies… Ton interface de gestion est également renseignée par ton chef d’établissement et ton gestionnaire au Rectorat (DPE : division des personnels enseignants, suivi de l’intitulé de ta discipline). De la sorte, les stages obligatoires mais aussi ton avancement, tes affectations et ton ancienneté sont automatiquement indiqués sur ton profil. C’est également par là qu’il faut passer pour les demandes de mutation, les demandes de promotion (grade d’agrégé sur liste d’aptitude par exemple), les demandes de détachement, etc. Iprof se décline en plusieurs applications :

  • SIAM pour les mutations / SIAT pour les mutations dans les COM (ex Dom-Tom)
  • SIAE pour gérer les rendez-vous de carrière
  • SIAC pour s’inscrire aux concours et suivre les résultats
  • SIAD pour tout ce qui concerne le détachement (dans un autre ministère par exemple)

Tout ceci dans l’onglet « Vos services ». Il y a également un certain nombre de courriers liés à ta carrière qui arrivent uniquement dans la boîte mail de cette application (tu reçois alors une notification dans ta boîte mail académique, fournie automatiquement quand tu embrasses la carrière).

Pour finir, sache qu’il y a de nombreuses applications que tu seras amené à utiliser si ton établissement les a faites siennes. Quelques exemples en vrac :

  • Bureau du professeur (BDP), pour tout gérer : l’évaluation par compétences, les absences, les incidents, les plans de classe…
  • Sacoche, pour l’évaluation par compétences, l’évaluation ciblée (un élève ou un groupe restreint d’élèves), le Livret scolaire, les bulletins…
  • Pronote, pour l’évaluation chiffrée, la communication avec les familles, les documents en pièce jointe, le cahier de textes…
  • Folios, espace de suivi d’orientation
  • Magistère, plateforme d’auto-formation où les enseignants déposent leurs séquences de travail, projets, etc.
  • Ilias, plateforme collaborative pour élèves et enseignants
  • Portail Arena, depuis lequel on peut demander le remboursement de frais de transport pour un stage, ou faire valider sa participation à un jury d’examen (ce qui est rémunéré), s’inscrire à un stage de formation…

Plusieurs ouvrages peuvent s’avérer utiles pour aborder le numérique en classe.

  • Enseigner autrement avec le numérique de Geoffrey Gekieren et Sami Cherif, Dunod, 2017. Sommaire: Les outils pour enseigner avec le numérique. Le TNI, tableau numérique interactif. L’ENT, espace numérique de travail. Le manuel numérique. Le boîtier de positionnement. La tablette. Le BYOD, Bring your own device. Les ressources pour préparer ses cours.  S’informer grâce aux sites institutionnels. Construire sa logithèque. Stocker et accéder à ses productions. Former une communauté d’apprentissage. Savoir récupérer des ressources multimédias. Répondre à la diversité des besoins éducatifs. Diversifier les registres pédagogiques. Prendre en compte les besoins des élèves dyslexiques. Transformer la salle de classe. Utiliser des outils d’évaluation. Produire des ressources numériques pour développer l’interactivité. Utiliser efficacement le diaporama. Utliser des outils bureautiques. Travailler l’oral pour construire un débat. Concevoir un livre numérique. Utiliser des serious games. Étudier les risques. Se servir des outils collaboratifs. Employer les cartes mentales interactives. Travailler l’image. Créer une visite virtuelle. Éduquer aux médias dans un monde numérique. Construire une webradio. Créer un média écrit en ligne. Monter un blog de classe. Enseigner avec les réseaux sociaux. Vers un enseignement 3.0 ? Les pratiques de la cartographie numérique. La classe inversée. E-learning et e-éducation. Utiliser la 3D. Les usages pédagogiques de la réalité virtuelle. Exploiter la réalité augmentée. Pourquoi coder ?

 

  • Apprendre avec le numérique, mythes et réalités, Franck Amadieu et André Tricot, Collection Savoirs pratiques éducation, Retz. Descriptif: Le premier ouvrage qui examine les attentes et les croyances associées à l’usage des nouvelles technologies en classe.

« On est plus motivé quand on apprend avec le numérique », « Les vidéos et informations dynamiques favorisent l’apprentissage », « Le numérique permet d’adapter les enseignements aux élèves »…Autant d’affirmations que l’on entend régulièrement. Mais s’appuient-elles sur des résultats d’études sérieuses ?
L’ouvrage est organisé en onze chapitres traitant chacun d’une attente, ou d’un mythe, autour des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement.
Chaque chapitre :

présente le mythe : développement des attentes et des arguments généralement avancés justifiant ces attentes ;

dresse un rapide bilan des travaux scientifiques examinant ce mythe ou permettant d’évaluer la validité des attentes : présentation des derniers travaux et revues de questions dans la littérature scientifique ;

décrit concrètement plusieurs études pertinentes illustrant la réalité des TICE en lien avec le mythe, pour aider à la compréhension des apports et des limites du numérique ;

présente une conclusion sous forme de réponse au mythe et de propositions pour la mise en œuvre dans la classe.

 

  • Enseigner apprendre avec le numérique, Collectif, Thierry Karsenti, Julien Bugmann, Collection « Enseigner et Apprendre » , Presses universitaires de Montréal, 204 pages, 2017. Présentation:  Il n’y a pas si longtemps, on disait de la télévision qu’elle était devenue une partie intégrante du quotidien des enfants qui avaient grandi avec elle. De nos jours, on dit la même chose du numérique, omniprésent dans la vie des jeunes, mais qui n’est pas toujours exploité comme il le devrait dans les salles de classe. Pourtant, les technologies de l’information et de la com­munication (TIC) sont en évolution dans toutes les sphères de la société : il suffit d’observer l’incessante popularité des réseaux sociaux pour s’en convaincre. En somme, il devient impossible d’exclure le numérique des établissements d’enseignement. Mais pour que les TIC fassent mouche, pour qu’elles favorisent l’engagement de tous les apprenants, il faut aussi trouver un juste équilibre entre la prudence et l’enthousiasme.
    Cet ouvrage montre de quelle façon le numérique est un outil aujourd’hui incontournable, au potentiel éducatif fascinant et unique. Ses auteurs font un retour sur l’histoire, présentent des expériences inspirantes réalisées avec les technologies et invitent à explorer de nouvelles pistes. Rédigé par des spécialistes de l’éducation et du numé­rique, il s’adresse aux chercheurs, aux universitaires et aux étudiants, mais aussi à tous ceux et celles qui travaillent dans le milieu de l’éducation ou qui sont intéressés par la question.
  • Un livre en ligne (PDF): L’enseignement à l’ère numérique – Des balises pour l’enseignement et l’apprentissage de Tony Bates, 2016. Ce livre traite de l’introduction du numérique et de la formation à distance dans les pratiques de formateurs et d’enseignants.

Pour terminer, voici quelques applications dédiées aux usages du numérique en classe :

Ludiscape.com permet aux créateurs pédagogiques de créer :
● des modules elearning,
● des jeux-sérieux et des quizz,
● rapidement et sans programmation)

  • Plickers.com (en anglais seulement :  Use Plickers for quick checks for understanding to know whether your students are understanding big concepts and mastering key skills.)
  • Kahoot ( pour créer des quizz interactifs)
  • Framapad (pour des écritures collaboratives en ligne)
  • Powtoon et Moovly (pour créer des vidéos pédagogiques, avec un outil de montage ultra simple : très pratique pour la classe inversée)
  • Mind Meister est un outil permettant de réaliser et de partager des Mind Maps (cartes mentales)
  • Canva est un outil de création graphique en ligne très complet.

Et il y en a beaucoup d’autres !

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