L’autisme chez nos élèves

autisme

Les troubles du spectre autistique

On ne parle plus d’autisme désormais mais de « troubles du spectre autistique ». En effet, l’autisme est très diversifié, il peut être léger ou non, affecter certaines fonctions psycho-sociales et pas d’autres. Les élèves atteints de ce trouble sont scolarisés comme les autres, si leurs difficultés ne sont pas trop lourdes (sinon ils vont en ITEP : Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique).

Si le trouble n’a pas affecté les fonctions cognitives, ces élèves seront assez performants. Ils auront cependant beaucoup de mal avec les interactions, qu’elles soient avec leurs enseignants ou avec leurs pairs. Ils sembleront de pas s’impliquer, être provocateurs quand ils refusent de répondre à une question. Les changements impromptus (dans l’organisation de l’emploi du temps par exemple) provoqueront chez eux des angoisses abyssales, qui peuvent se manifester par des « crises ». Ces élèves ont par ailleurs des difficultés de régulation sensorielle : Les bruits, le mouvement, les odeurs, le toucher, les textures, les couleurs, etc. ne sont pas toujours perçues correctement et peuvent créer un inconfort tel qu’il ne devient plus supportable. En cas d’alerte incendie, prévenez l’enfant à l’avance. S’il ne supporte pas la sonnerie ou le bruit des néons, autorisez le port du casque réducteur de bruit ou de bouchons d’oreilles pour l’aider à ne pas paniquer où à se concentrer. S’il ne supporte pas une couleur, essayez au maximum de la retirer de son environnement et surtout de ses supports d’apprentissage. Vous pouvez demander une liste des difficultés sensorielles déjà connues aux parents de votre élève. De simples mesures de prévention peuvent se montrer efficaces tout au long de l’année. Enfin, l’incapacité de ces ados à comprendre les sous-entendus ou les métaphores rend nécessaire un langage concret, répétitif et dénué de tout second degré. Il faut absolument – encore plus qu’avec les autres élèves, qui en ont déjà bien besoin – expliciter au maximum.  Dans quasiment tous les cas, l’autisme a été détecté et pris en charge : ces élèves sont donc en section ULIS et ne sont inclus dans vos cours que si cela a été jugé profitable et possible par le responsable de leur scolarité (directeur de la section Ulis et équipe éducative, comprenant le médecin référent).

Les différents troubles des apprentissages que nous venons de passer en revue ne doivent pas t’effrayer, ô jeune et fringuant(e) enseignant(e) ou futur(e) enseignant(e). Le handicap fait partie de la vie. De la même manière qu’il te semblera naturel d’adapter ton enseignement à un élève malvoyant ou malentendant, les handicaps cognitifs appellent des mesures particulières. Mais, dans la majorité des cas, tu ne seras pas seul : AVS, équipe éducative, section ULIS, médecine scolaire et autres sont là pour t’épauler. Dans le secondaire, les troubles sont installés depuis si longtemps qu’il est tout de même rare qu’ils ne soient pas dépistés. Mais cela arrive parfois (quand les parents font la sourde oreille ou sont eux-mêmes incapables de comprendre les besoins de leur enfant).

Dans ce cas, il est de la responsabilité des équipes éducatives de se mobiliser à nouveau (celles de primaire, voire de collège, l’ayant déjà fait) et de prendre le problème au sérieux. Sous la difficulté scolaire se cache en effet bien souvent de grandes souffrances, et pas seulement de la flémingite aiguë (même si, ne le nions pas, celle-ci est endémique). Il n’est jamais trop tard pour venir en aide à un ado. Et s’il ne faut certes pas « pathologiser » toutes les difficultés scolaires, refuser de prendre en compte les découvertes et avancées scientifiques dans le domaine du cerveau serait criminel.

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