Les collègues profs

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collèguesIl y a toutes sortes de profs, et donc de collègues. Des grands, des petits, des sérieux, des feignants, des bavards, des taciturnes, des grandes gueules et des timides. Mais là encore on peut distinguer quelques stéréotypes. Une femme avertie en vaut deux (c’était la seconde féministe), alors prépare-toi.

Si tu es dans un établissement d’ampleur, avec plus de 800 élèves, tu auras en principe nettement moins d’interactions avec tes collègues que dans les établissements plus petits. Pour une raison qui m’échappe un peu, les « gros bahuts » – comme on dit dans le jargon – favorisent peu les relations entre collègues. Ils y sont plus nombreux mais on croise moins souvent les mêmes, ceci explique peut-être cela.

Il y a dans la vie d’un prof deux moments importants dans la journée : la récré, et la pause méridienne. Ce sont les seuls moments (avec les réunions) où tu croiseras tes congénères. Et là, il y a deux politiques : ceux qui mettent à profit ces temps de pause pour liquider leurs photocopies-copies-messages à faire passer à l’équipe pédagogique- et ceux qui prennent vraiment une pause. En général, une machine à café fait tenir les uns et réunit les autres. Souvent, ces deux clans ne s’apprécient que peu.

C’est essentiellement dans la salle des profs que tu côtoieras ces individus étranges que l’on nomme les enseignants, tes collègues. Selon l’établissement, elle sera plus ou moins grande, plus ou moins bien équipée. Certains parviennent à y corriger leurs copies, malgré le brouhaha ambiant et les inévitables interruptions (au fait, Kévin de 4eB, tu sais pas ce qu’il m’a fait ?). D’autres y déjeunent, délaissant la « salle des commensaux » où l’on ingère la même chose que les élèves. La plupart y reprennent leur souffle. Mais c’est rarement un endroit calme. Il bruit comme une ruche en effervescence, sauf durant les « heures de trou », c’est-à-dire une heure où presque tout le monde est en cours, sauf toi et un énergumène mutique dont tu ne sais identifier la fonction exacte.

Comme dans n’importe quelle entreprise, tu te lieras avec certains collègues (souvent, ceux de ton âge et de ta discipline en premier lieu) et en exècreras d’autres. Mécaniquement, tu seras amené à rencontrer plus souvent ceux dont tu partages l’équipe pédagogique (comprendre : tous les profs d’une classe). Et il se peut que tu sois très, mais alors très énervé après certains d’entre eux. Par exemple si l’un d’eux est souvent absent et que l’adjoint te demande gentiment mais fermement de remplacer ses heures de cours (cela tombe pile poil sur tes heures vacantes). Ou bien parce qu’il retient régulièrement les élèves après la sonnerie et donc qu’ils arrivent en retard dans ton cours. Ou bien encore parce qu’il te saoûle avec Kevin de la 4eB, que vous avez donc en commun. Il est pourtant charmant, ce Kevin !



Comme dans n’importe quelle micro société, tu te sentiras des affinités avec telle ou telle personne, et tu auras tôt fait de sélectionner deux ou trois compères ou camarades avec lesquels tu passeras le plus clair de tes récrés et de tes déjeuners, sauf incompatibilité d’emploi du temps. Comme au temps où tu étais élève, quoi. Passer de l’autre côté du tableau ne change pas grand-chose au fonctionnement d’un être humain dans un établissement scolaire, finalement. A un détail près : en tant qu’adulte, tu es autorisé à fumer. En dehors de l’établissement, évidemment. Tu rejoindras donc, le cas échéant, la cohorte de nicotoxicomanes qui tirent fébrilement sur leur clope du côté des poubelles ou sur le trottoir en face du bahut. Une pratique surréaliste qui noue bien des relations.

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