Les examens de fin d’année

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Les examens

Qui dit études dit examen, et maintenant que tu as réussi les tiens, tu as le privilège de permettre à d’autres d’obtenir un diplôme. Un honneur dont l’arrière-goût confine parfois à la saturation.

Au collège, il y a trois examens que tu es susceptible de surveiller, corriger et faire passer à l’oral. Il s’agit du DELF, du CFG et du Brevet des collèges.

L’examen du DELF

Très rares sont ceux concernés par le DELF (Diplôme d’Etudes en Langue Française) : il s’agit d’un diplôme de langue française, validant un certain niveau (A2 à B1 pour le collège et le lycée). Il ne concerne que les élèves du secondaire scolarisés en France depuis trois ans au plus (les allophones) et non titulaires d’un diplôme de l’enseignement secondaire ou supérieur public français. Il faut une habilitation pour être jury et seuls ceux qui en font la demande peuvent l’obtenir (moyennant quelques jours de stage et… un examen).

L’examen du CFG

Le CFG (Certificat de Formation Générale) concerne les élèves de 3e en grande difficulté dont on suppose qu’ils n’obtiendront pas le Brevet des collèges, au vu de leurs résultats (puisque le contrôle continu compte pour beaucoup dans l’obtention de ce Brevet). Le CFG s’appuie également sur le contrôle continu en français et en maths. L’examen consiste en un oral de vingt minutes, à partir du dossier élaboré à l’issue du stage en entreprise. Dans ce dossier, l’élève doit inclure une présentation de lui-même, de son projet professionnel, le compte-rendu de son stage, les études qu’ils envisage. A noter que les élèves d’Ulis présentent tous le CFG.

L’examen du Brevet des collèges

Le Brevet des collèges est l’examen que passent l’immense majorité des élèves de 3e. On l’appelle aussi DNB (Diplôme National du Brevet). Depuis 2017, quelques matières sont venues s’ajouter au traditionnel trio français/ Histoire-géo/maths. Il s’agit des Sciences, à savoir SVT (Science et vie de la Terre), SPC (Sciences physiques et chimie) et technologie. Les modalités ont également changé : les épreuves de français ont été modifiées, la notation est complètement différente puisqu’elle tient compte des domaines du socle ; les élèves présentent à l’oral soit un parcours (citoyen, avenir…), soit un EPI, soit un dossier d’Histoire des Arts. Bref, un tout nouveau Brevet vient de naître et mieux vaut se plonger dans la littérature sur le sujet pour en saisir toutes les subtilités.


Il faut savoir que tu es tenu d’honorer les convocations aux surveillances, corrections et jury d’oral dont tu pourrais faire l’objet. Cela fait partie de ton service. Ne crois donc pas que tu pourrais te la couler douce dès le 15 juin. En lycée, il n’est pas rare de devoir assurer des jurys jusqu’au 10 juillet, voire après si la fin officielle des cours arrive tardivement.

La surveillance de l’examen

Des règles très strictes s’appliquent à la surveillance : pas question de jouer à Candy Crush pendant que les élèves planchent. Le cas échéant, tu es là pour vérifier qu’aucune tricherie n’entache le bon déroulement de l’épreuve (passible de 4 ans d’exclusion d’examens, pour l’élève concerné), vérifier la concordance des papiers d’identité avec le nom inscrit sur la table d’examen, aider les élèves à remplir correctement l’en-tête de leurs copies, faire valoir le strict respect du temps imparti, accompagner les élèves aux toilettes… Si tu es prof de français, tu devras aussi énoncer la dictée. Quelle que soit ta discipline, tu seras de surveillance si ton établissement est centre d’examen. Les profs qui ne surveillent pas sont affectés au « secrétariat », c’est-à-dire qu’ils vérifient le bon déroulement de remise des copies (anonymées). Des suppléants sont également prévus, tenus d’être présents dans l’établissement, en cas de défaillance d’un enseignant affecté à la surveillance.

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La correction de l’examen

Si ta discipline fait partie des épreuves écrites, tu seras également probablement de correction, dans un autre établissement que le tien. Là, un paquet de copies te sera remis et tu te retrouveras dans une salle avec plein de collègues en train de corriger. Certains arrivent au bout de leur paquet alors que tu peines à entamer le second tiers : en la matière, chacun va à son rythme. Les uns ont terminé après une demi-journée, d’autres terminent à 18h. La pause déjeuner n’est en général pas prévue, mieux vaut donc amener de quoi se sustenter un peu.

Un corrigé te sera remis, avec des consignes de correction. Cela veut dire que tu n’as pas la liberté de corriger comme bon te semble : là encore les règles sont strictes. Les élèves ont en effet la possibilité de contester leur note, auquel cas la copie est examinée par une commission. Pour garantir l’impartialité et le sérieux de ladite correction, elles doivent toutes répondre aux mêmes critères d’évaluation et de commentaires. Il se peut que tu sois parfois surpris par ces critères, que d’aucuns estiment plus que tolérants… Néanmoins, tu n’as pas voix au chapitre et tu te dois de respecter les consignes.

Une fois ton paquet corrigé, tu devras entrer les notes obtenues dans la base de données (numérique). Tu peux être aidé dans cette tâche par des enseignants qui veillent au bon déroulement de cette ultime étape.

L’oral du DNB

Les oraux ont lieu avant les épreuves écrites. C’est l’établissement qui en fixe la date et les modalités. Comme les EPI et les Parcours concernent toutes les disciplines, tous les profs peuvent être concernés en collège (ce qui n’était pas le cas jusque récemment). La question ne se pose pas en lycée puisque chaque discipline est concernée par le baccalauréat.

Pour le DNB oral, chaque établissement établit, en concertation, une grille d’évaluation. Souvent, une demi-journée est banalisée pour cette épreuve d’oral (c’est-à-dire que ne sont présents que les 3e inscrits à l’examen, les autres élèves étant libérés). Tu ne seras pas seul, le cas échéant : le jury est toujours constitué d’au moins deux profs, afin, là encore, de garantir une certaine objectivité. C’est donc avec un collègue que tu évalueras la prestation.

« L’oral se déroule en deux temps : un exposé suivi d’un entretien avec le jury.

Dans le cas d’une épreuve individuelle, l’oral prend la forme d’un exposé par le candidat d’environ cinq minutes suivi d’un entretien d’une dizaine de minutes avec le jury. Le cas échéant, le candidat peut être guidé par le jury pour mener à bien son exposé personnel. La durée totale de l’épreuve ne peut dépasser quinze minutes.

Si l’épreuve est collective, dix minutes d’exposé, pendant lesquelles chacun des candidats intervient, précèdent quinze minutes de reprise avec l’ensemble du groupe. Le jury veille à ce que chaque candidat dispose d’un temps de parole suffisant pour exposer son implication personnelle dans le projet.

1.5 – Modalités de l’épreuve

1.5.1 – Contenus de l’épreuve

L’évaluation de cette épreuve orale prend appui sur un travail engagé dans le cadre d’un enseignement pratique interdisciplinaire défini et organisé par l’équipe enseignante ou de tout autre projet qui s’intègre dans l’un des parcours éducatifs construits par l’élève.

L’évaluation prend en compte la qualité de la prestation orale du candidat, tant du point de vue des contenus que de son expression. Il est à noter que l’évaluation de la maîtrise de l’oral est un objectif transversal et partagé qui peut être évalué par tout enseignant de toute discipline.

Le candidat peut, le cas échéant, présenter ce qu’il a réalisé (production sous forme de projection, enregistrement, réalisation numérique, etc.), mais cette réalisation concrète ne peut intervenir qu’en appui d’un exposé qui permet d’évaluer essentiellement les compétences orales et la capacité de synthèse. Elle ne peut donc se substituer à la présentation synthétique qu’elle peut cependant illustrer.

Cette épreuve orale ayant également pour objectif d’illustrer l’interdisciplinarité ainsi que la transversalité des connaissances et des compétences des différents domaines du socle commun, les examinateurs veillent à ce que leur questionnement relie constamment les acquis disciplinaires et culturels à la vision globale, interdisciplinaire, du projet. » (Bulletin officiel du 8 avril 2016)

L’examen du baccalauréat

Comme pour le Brevet, premier examen national que passent les élèves, le baccalauréat fait partie de ces rites de passage qui mettent notre pays en émoi.

Les réjouissances commencent avec les oraux, dès le mois d’avril pour certaines options. Puis en juin arrivent les écrits et leur cortège d’angoisses parentales (les ados, eux, sont pour la plupart très détendus, voire un peu trop parfois…).

Pour tout savoir sur l’élaboration, chaque année, de cette grand’messe, du choix des sujets aux consignes de passation des oraux, le plus simple est encore de lire la circulaire n° 2017-053 du 23-3-2017.

Pour toi qui entre dans cette transe nationale, ce qui importe est surtout de savoir comment vont se passer les corrections et les évaluations d’oraux. En principe on n’est pas désigné jury du bac dès les premières années d’enseignement, mais en ces temps mouvants on n’est plus sûr de rien. Dans tous les cas, si tu enseignes depuis plusieurs années en collège, tu ne seras pas convoqué(e). Mais si tu fais des vacations en collège ET en lycée, tu n’es pas à l’abri de connaitre les joies des corrections du bac.

Le site Eduscol a très bien formalisé les différentes épreuves selon les filières, et je me permets donc de reproduire ici leur travail : http://eduscol.education.fr/pid23233/baccalaureat-general.html

Comme tu le sais une réforme du baccalauréat est en cours (c’est encore le cas en mai 2018), ces informations ne sont donc pas destinées à perdurer.

Pour le baccalauréat technologique, je te renvoie aux descriptifs détaillés de chaque filière (TMD, STHR, STD2A, STI2D, STL, ST2S et STMG) sur le site d’Eduscol : http://eduscol.education.fr/pid26175/baccalaureat-technologique.html

Et pour les bacs professionnels c’est ici : http://eduscol.education.fr/cid47640/le-baccalaureat-professionnel.html

Comme pour le DNB, tu peux être convoqué pour la surveillance, les corrections (dans ta discipline) et le secrétariat.

Tu recevras des consignes très précises de la part de ton chef d’établissement, ainsi qu’une convocation en bonne et due forme, à laquelle tu ne peux te soustraire (sauf raison majeure, comme un arrêt maladie attesté).

Lors de la surveillance, il s’agit de vérifier que chaque candidat possède sa convocation, une pièce d’identité qui lui correspond, et qu’il n’use pas de stratagèmes fallacieux pour tricher. Il faut distribuer les sujets, compléter les documents d’émargement, faire signer chaque élève quand il rend sa copie. Tout cela est notifié par écrit sur une document qui te sera remis, et tu ne seras pas seul(e) : chaque salle d’examen compte deux surveillants.

Pour la correction, si ta discipline se prête à des examens écrits, tu devras te rendre dans un établissement autre que le tien pour faire passer les oraux, puis emporter chez toi les 60 ou 80 copies qui te seront confiées (ça dépend des académies, de la discipline, du nombre de correcteurs malades…). Là, on te renseignera sur les directives que tu dois suivre pour que ta correction soit conforme aux attentes du Recteur. Sache qu’aura lieu ensuite une commission d’harmonisation dont la tâche consiste à réduire les écarts et à assurer une parfaite bienveillance envers les copies.

Pour avoir une vision officielle de la chose, voici une note de service concernant les consignes en philosophie pour le baccalauréat 2017 : https://ent2d.ac-bordeaux.fr/disciplines/philosophie/wp-content/uploads/sites/24/2017/06/CONSIGNES-AUX-CORRECTEURS-BACCALAUREAT-PHILOSOPHIE-2017.pdf

Pour un témoignage « de l’intérieur », une prof raconte son expérience ici : http://www.francetvinfo.fr/bac/baccalaureat-dans-les-coulisses-des-corrections-des-epreuves_2255579.html

Et une autre avoue son amertume ici (2014) : http://www.lepoint.fr/societe/trois-jours-dans-la-vie-d-une-examinatrice-du-bac-21-06-2013-1684615_23.php

Pour un passage en revue des modalités, c’est ici : http://www.20minutes.fr/societe/1869371-20160622-bac-comment-corrigees-copies

Et pour les critères de notation, un article à consulter ici : http://etudiant.lefigaro.fr/bac/bac-actu/detail/article/comment-les-professeurs-decident-des-notes-du-bac-21117/

Le Sénat a même son mot à dire, et préconise une évolution numérique des corrections : https://www.senat.fr/rap/r07-370/r07-37040.html

La réforme du baccalauréat étant en cours et non encore validée, je reviendrai sur le sujet quand elle sera officiellement entérinée, pour en décrire les modalités.

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