L’élève de 5e : un être polymorphe

L’élève de 5e est un ancien 6e qui désormais ne fait plus partie des « petits ». Du coup, il se sent pousser des ailes, et lorgne du côté de l’arrogance et du je-m’en-foutisme. Dans le fond, il se rêve en 4e, mais n’en a pas encore les attributs. C’est un peu l’enfant du milieu, celui qui a du mal à trouver sa place. Il hésite encore entre te faire plaisir (ainsi qu’à ses parents) et te montrer de quel bois il se chauffe.

Le 5e , un être polymorphe

5eLe 5e est (souvent) nettement moins appliqué que le 6e, mais ses cahiers ressemblent encore à quelque chose (dans la plupart des cas). Il rêvasse souvent, ricane encore plus souvent, mais n’a pas encore totalement perdu son intérêt pour les mystères que tu t’apprêtes à lui révéler. Simplement, il ne veut pas passer pour un « intello », l’insulte suprême jeté au visage, comme un crachat, aux élèves ayant de bonnes notes. S’il est subtil, il s’arrangera pour briller dans quelques matières seulement, évitant ainsi de recevoir les « félicitations » du conseil de classe et de passer, outrageusement, pour ce fameux « intello ». S’il est moins subtil, il mettra son intégration au sein du groupe bien loin devant sa future carrière, et fera de son mieux pour plafonner à une petite moyenne qui lui vaudra d’inévitables « peut mieux faire » (l’expression est désormais interdite, mais les variantes ne manquent pas).

Généralement, le 5e a commencé à s’émanciper sur le plan parental, a des velléités de liberté et de transgression, mais n’est pas encore détaché complètement de son rôle d’enfant porteur d’espoirs. Il hésite constamment entre bien faire parce qu’on le lui demande, et tout foutre en l’air parce que c’est bien plus rock’n roll. Selon les profils, cette hésitation se traduit en trimestres, en mois, en semaines, en jours, voire même en heures. J’ai ainsi vu de petits anges se transformer en pervers cyniques d’une semaine sur l’autre. Des cahiers bien tenus devenir, du jour au lendemain, des épaves. Des gosses intelligents, volontaires, pertinents, s’affaler soudain dans une molle apathie pendant des mois, pour finalement remonter la pente de manière drastique. Et ceci sans forcément l’incidence d’un drame familial ou autre catastrophe naturelle.

Le 5e se cherche

Le 5e est sur la fin de la pré-adolescence (dans la majorité des cas) et navigue vers les contrées brumeuses de la vraie adolescence, sans boussole ni carte. Il peut avoir vu des tas de vidéos pornos (sur le smartphone de ses copains) et aimer encore jouer avec ses Playmobils. Il rêve encore de faire pompier mais se lamente de ses piètres résultats en sport. Elle veut faire sage-femme et déteste la SVT, mais ne voit pas où est le problème. Elle se maquille en cachette et craint plus que tout d’avoir une heure de colle.
Le 5e a intégré la majorité des règles, mais pas encore de manière vraiment approfondie. Il a du mal à se canaliser. Il parle à tort et à travers, souvent pour se faire remarquer, ou au contraire se montre plus coi qu’une huître. Bref, le 5e se cherche.


Suivez-nous et partagez pour les collègues !
0

2 Trackbacks / Pingbacks

  1. L'élève de 4e : une carapace à percer pour découvrir un trésor
  2. L'évaluation, par notes ou compétences : un exercice complexe

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*