Les élèves de seconde

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Les secondes

secondeComme le 6e au collège, l’élève de seconde débarque dans un nouvel univers qu’il perçoit comme aussi exaltant qu’impitoyable. Il est apeuré par ce nouveau monde aux codes inconnus, mais aussi très fier d’en faire partie. Il se comporte donc à la fois comme un bébé et comme un kéké.

Il faut savoir que, quand on est prof en lycée, le seconde a la même fraîcheur, le même abord charmant qu’un 6e pour le prof de collège. Cependant, cette candeur délicieuse ne dure que quelques semaines. Très vite, l’ado de Seconde sort de sa chrysalide et devient une créature ricanante aux questions désarmantes.

La grande problématique de l’élève de Seconde est son identité. Il se donne beaucoup de mal pour afficher une identité marquée, qui ne correspond pas, cependant, à une réalité intrinsèque. Pour le dire simplement, ils arborent des atours (vestimentaires et comportementaux) copiés de toutes pièces sur leurs modèles, mais leur personnalité est encore informe (pour la plupart).  Ce qui leur importe, c’est d’appartenir à une coterie facilement identifiable.


Tu ne t’étonneras donc point qu’un élève à l’allure baba-cool (hippie) ne s’intéresse nullement à la nature ou à l’esprit de tolérance. De même que ton sourcil ne se haussera pas lorsque tu découvriras que le hipster (identifiable par sa chemise à carreaux et sa barbe) ignore ce qu’est le tofu. Enfin, de nos jours, ce n’est pas parce qu’on porte des Doc Martins qu’on écoute du rock, et les dread locks ne sont pas l’apanage des fans de reggae (et de l’état d’esprit qui va avec). Les codes qui prévalaient autrefois sont floutés et moins que jamais l’habit ne fait le moine.

Le Seconde se conçoit lui-même avant tout comme un futur Première. Il a donc sa section en ligne de mire et fait tout pour se conformer à celle-ci. Ainsi, l’élève qui vise la première S ne se contentera pas de bosser les maths bien plus que les lettres : il arborera également l’allure qui lui semble adéquate, c’est-à-dire celle des Première S. On le verra alors adopter le style surfeur californien, hipster ou BCBG (bourgeois). Le futur L quant à lui enfilera l’uniforme du fumeur de joint ou du « rockeur » (l’un n’excluant pas l’autre). Et celui qui ne trouve pas sa place dans ces confréries tout en provenant d’un milieu social plutôt défavorisé optera plutôt pour la section ES, au style indistinct et passe-partout.

Les élèves de Seconde sont globalement assez gentils, même quand ils sont pénibles. Ils ont encore quelques restes des douceurs de l’enfance et ne sont pas très durs à apprivoiser. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils s’avèrent très rarement rebelles (c’est l’année suivante qu’ils le deviendront). Durant cette période charnière qu’est la Seconde, ils délaissent leur apathie d’ex-3e et connaissent un regain d’intérêt pour l’institution scolaire, pourvoyeuse d’expériences relationnelles et personnelles inédites (premier joint, première cuite, premier amour, etc).

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